Le lutin

 

Désigné comme employé du Père Noël, le lutin français est la version moderne du Nisse Scandinave.

Tomte, Nisse, le lutin irascible et malicieux.

Jadis, chaque ferme avait son lutin, affublé ou non d'une famille. Réfugié ou non sous le plancher, il faisait office de défricheur et veillait sur les récoltes, le troupeau et la maison du fermier.

Habillé de haillons, c'était un être peu affable, que les hommes devaient respecter mais aussi éviter.

Pour s'assurer sa bienveillance, on lui offrait le soir de Noël, du gruau, de la bière et des gaufres. Et gare au distrait qui oubliait ! Il pouvait au mieux être victime de facéties, vol de chaussettes, de chapeaux, ou voir changer son lait en bière, et vice versa, pourrir son blé, mourir son bétail...

Peu à peu au cours de la seconde moitié du XIX siècle, sans doute influencée par l'apparition du Saint Nicolas germanique, la figure du lutin s'est approchée de celle du Père Noël. Et malgré son âge, on lui prête jusqu'à 4000 ans, c'est lui qui distribue aux enfants sages, cadeaux et friandises de maisons en maisons .

Il se nomme Jultomte en Suède et Julenissen en Norvège et au Danemark.

En Alsace,la fantasmagorie de Noël est riche de tout un peuple de petits êtres,les zwarigala , plus ou moins bienveillants,qu'il a fallu au cours des siècles amadouer ou faire fuir.Parmi les plus belles légendes figure celle des nains de la Gorge-aux-loups ,dans le Haut Rhin :
Depuis la nuit des temps ,des nains aux yeux étincelants vivaient dans ces cavernes 'éternellement jeunes , en couples et sans enfants. Amis des hommes ,qu'ils ne cotoyaient cependant que pour les travaux des champs,ils aidaient aux moissons,jouant avec adresse de leurs faucilles d'argent. Chaque couple attaché à une ferme se voyait réserver la meilleure place lors des fêtes,noces et festins, ponctuant toujours sa visite de longs manteaux cachant les pieds.
Des jeunes filles curieuses plus qu'à l'ordinaire décidèrent d'en avoir le cœur net. Elles répandirent du sable sur le chemin des nains. Au matin,ceux-ci laissèrent leurs traces : celles de pieds de chêvre. Le rire moqueur des jeunes filles les trahit, et les nains, tristes et humiliés , rentrèrent dans la Gorge. On ne les revit plus. Sauf parfois' à Noël, où ils reviennent hanter nos rêves.

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