Le repas de Noël

En Provence, comme dans bien des régions de France, le soir de Noël est une fête familiale par excellence.

Le "Cacho-Fio"

Cette tradition prend certainement sa source dans les fêtes païennes très anciennes liées au solstice d'hiver qui donnaient lieu à de grands feux de joie comme cela peut encore se pratiquer en été lors de la Saint-Jean.

Le soir de Noël, lorsque la table de fête est dressée, le plus âgé de la maison aidé du plus jeune choisit la plus grosse bûche possible parmi la provision de bois pour l'hiver (parfois il est question de chêne, parfois de bois d'arbre fruitier). Ensemble, tenant la bûche chacun à un bout, ils font trois fois (symbole de la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint Esprit.) le tour de la table avant de la mettre dans la cheminée, l'aïeul l'arrose d'un verre de vin cuit en prononçant les paroles suivantes :

Allégresse, allégresse !

Mes beaux enfants, que Dieu nous réjouisse !

Avec Noël tout bien vient,

Dieu nous fasse la grâce de voir l'an qui vient,

Et, si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.

Cette bûche, qui rappelons-le était choisie bien grosse, devait brûler doucement dans un coin de l'âtre jusqu'à la nouvelle année.

Le "Gros Souper"

Après cette tradition du "Cacho-Fio", commence à proprement parler le "Gros Souper" de Noël qui permettait de patienter jusqu'à la messe de minuit.

Ce dernier est composé de 7 plats maigres en souvenir des 7 douleurs de la Vierge Marie. Ces plats maigres sont généralement composés de légumes. Ce repas devait proposer une profusion de plats confectionnés avec tout ce dont on disposait comme denrées sur place. Ceci fait que suivant les lieux on note d'assez importantes disparités quant au contenu des assiettes. Malgré tout, encore une fois, la constante principale est que chacun des plats est constitué principalement de légumes.

Suivant les lieux et les productions, il ne ressort pas de mets traditionnels mais plutôt plusieurs spécialités parfois très localisées: Escargots (passés nature 2 à 3 minutes sur la braise), morue frite, muge aux olives, cardes, cardons, salade de céleri, artichauds, fougasse à l'huile et les treize desserts pris au retour de la messe de minuit.

La table de fête

La table est l’élément principal de la pièce, elle occupe le centre, elle est recouverte d’ornements qui ont tous leurs valeurs symboliques.

La table de fête devait être recouverte de trois nappes blanches mises les unes sur les autres, éclairées par trois grosses bougies symbolisant les 3 temps (Passé en souvenir de nos proches décédés, Présent en témoignage de fidélité aux amis et parents, et Futur dans l'espérance des enfants à naître) et tous les plats devaient être présentés en même temps au début du repas (desserts compris).

 

 

On disposait aussi 3 écuelles de Blé de la Ste Barbe (Afin de ne jamais oublier Sainte Barbe, les provençaux plantent du blé dans 3 coupelles, le jour de la Ste Barbe , le 4 décembre. La tradition veut que si le blé est bien germé le 25 décembre, la moisson suivante sera bonne. )

  Suivant les lieux, la première nappe était enlevée avant les desserts. En fin de repas, la table ne devait pas être desservie, on nouait juste les coins afin qu'il ne traînent pas sur le sol et que de mauvais esprits ne puissent monter sur la table.

On ne desservait pas la table car, ainsi, les ancêtres pouvaient durant la nuit venir participer au repas comme les vivants.

La place du pauvre

Dans bien des endroits, il est également de tradition de laisser une place vide au cas où un indigent se présenterait pour partager le repas. Cette tradition s'appuie plus à l'origine sur le fait que cette place d'honneur servait à honorer le souvenir des parents disparus plutôt qu'à accueillir quelque mendiants.

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